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vendredi 3 juillet 2015

L’expérience de l’expérimentation (Un point sur les pratiques sonores expérimentales aujourd'hui)

L’expérience de l’expérimentation
Matthieu Saladin (dir.)
Presses du réel
2015

Présentation de l'éditeur
Un point sur les pratiques sonores expérimentales aujourd'hui.
Le XXe siècle a été le théâtre d'une recherche intense et plurielle dans le champ musical, remettant sur le chantier l'ensemble des normes qui structuraient et définissaient la nature même de la musique : du futurisme à la noise, en passant par l'improvisation, la poésie sonore, l'électroacoustique, la live electronic music, ou encore l'installation sonore, furent ainsi reconsidérés les rapports entre musique et bruit, musiciens et non-musiciens, à l'espace et au langage, les notions de forme et de temps musical, les modalités de la création sonore, tout comme sa relation avec le quotidien et les autres arts. Si l'expression « musiques expérimentales » a pu désigner durant la seconde moitié du XXe siècle – et plus particulièrement dans les pays anglo-saxons – les recherches effectuées principalement dans une filiation diffuse avec l'esthétique cagienne, elle semble aujourd'hui beaucoup plus large, embrassant toute pratique se développant sur le terreau fertile des expériences musicales du siècle dernier, mais aussi sous l'influence des musiques populaires.
Les contributions réunies ici – écrits d'artistes, recherches universitaires ou essais critiques – ont valeur d'introspection de cette diversité, tout du moins d'une partie. Elles abordent tour à tour les notions d'expérience et d'indétermination, les rapports au bruit et au territoire, l'esthétique minimaliste et l'improvisation, le field recording, l'électroacoustique et l'électronique, l'approche conceptuelle, l'influence du metal, ou encore la place du son dans le champ de l'art contemporain, dessinant dans leur articulation les contours de ce que peut être l'expérience de l'expérimentation.
Publié suite au cycle de conférences éponyme organisé par les Instants Chavirés durant toute l'année 2011.

Matthieu Saladin, artiste et musicien, vit et travaille à Paris. Sa pratique s'inscrit dans une approche conceptuelle de l'art, réfléchissant, à travers un usage récurrent du son, sur la production des espaces, l'histoire des formes et des processus de création, ainsi que sur les rapports entre art et société du point de vue économique et politique.
Il est maître de conférences en arts sonores à l'université Paris 8, membre de l'équipe TEAMeD au sein du laboratoire Arts des images et art contemporain (AI-AC) et chercheur associé à l'institut ACTE (université Paris 1 – Panthéon – Sorbonne, CNRS UMR 8218). Sa recherche théorique porte principalement sur l'art sonore et les musiques expérimentales. Il codirige la collection Ohcetecho aux Presses du réel, participe aux comités de rédaction des revues Volume! et Revue et Corrigée, et est directeur de rédaction de la revue de recherche Tacet

vendredi 19 octobre 2012

Volume – What You See Is What You Hear n° 05

Volume – What You See Is What You Hear n° 05
Presses du Réel, 2012
Le cinquième numéro de la revue d'art contemporain sur le son (textes critiques et monographiques, analyses historiques, entretiens, interventions d'artistes...) se penche sur des phénomènes liés à la perception et aux états de conscience modifiés voire altérés, des expériences immersives et cognitives, peuplées d'histoires de fantômes et traversées de voyages intérieurs ou intergalactiques.
Au sommaire : Céleste Boursier-Mougenot, Erik Bünger, Destroy All Monsters, Julien Discrit & Thomas Dupouy, Rashid Johnson, Kapwani Kiwanga, Claude Lévêque, Haroon Mirza, Kristin Oppenheim, Katie Paterson, Ugo Rondinone, Cauleen Smith, interventions artistiques inédites de Meris Angioletti, Isabelle Giovacchini et Joachim Koester...
Quel que soit leur degré de « fidélité », les technologies se sont progressivement imposées dans notre quotidien, à l'instar du téléphone. Si le développement des systèmes de télécommunication modernes a permis aux individus d'être « mis en relation » avec une facilité croissante, certains ont pu y déceler le moyen d'entrer en contact avec des forces mystérieuses, voire, dans le cas de la transcommunication, de percevoir des signes de l'au-delà au travers d'apparitions visuelles et sonores troublantes. Immatérielle et dissociée de son enveloppe charnelle, la voix ainsi désincarnée, enregistrée et/ou véhiculée par les canaux de la technologie, témoigne manifestement d'une absence autant que d'une forme de spectralité.
Entre fantôme et fantasme, les « esprits » ont tendance à se perdre... Telle une tour de contrôle, le cerveau aiguille la perception et les états de conscience, lesquels peuvent être altérés ou perturbés par des phénomènes sensoriels ou psychiques – dus notamment à la prise de psychotropes et autres substances hallucinogènes. En projetant, et ainsi en extériorisant ces « voyages intérieurs », certaines démarches artistiques et expériences immersives tentent d'en restituer les sensations et les effets, en même temps qu'elles participent à leur tour de la production d'images mentales.
Bilingue et semestrielle, Volume se présente comme la première revue d'art contemporain spécialisée sur le son. Ni revue musicale, ni revue d'art sonore, Volume envisage le son du point de vue des arts plastiques.
Si l'histoire des relations entre le son et l'art n'est pas récente, ces dernières années ont vu se multiplier œuvres, expositions, publications et autres événements dont le contenu esthétique et théorique témoigne d'un intérêt croissant pour ce médium et la diversité de ses usages. À travers un large éventail de contributions critiques et artistiques, Volume entend constituer une plate-forme d'observation et d'analyse de cette dynamique, tout en veillant à la replacer dans une perspective historique.

lundi 3 octobre 2011

Conversations avec Tom Johnson



Conversations avec Tom Johnson
par Bernard Girard 
Éditions Aedam Musicae
2011

Présentation de l'éditeur
Compositeur et théoricien né en 1939, Tom Johnson est l’un des pionniers du mouvement minimaliste, mouvement musical devenu populaire par quelques oeuvres symboles mais dont les racines restent encore à découvrir. Le style de Tom Johnson est reconnaissable entre tous, tant par son usage des mathématiques que par sa volonté d’user de matériaux restreints ; des matériaux à entendre, à comprendre, à anticiper. La perception de l’auditeur est envisagée au-delà d’une seule réception passive. Sans agir sur son déroulement, l’écoute participe à l’oeuvre. Américain à Paris, Johnson traverse les façons d’être musicien, d’écrire la musique ; les illustrations de ses partitions en portent témoignage. Au sérieux intangible de la question musicale, il convie l’humour plus que la dérision. L’humour traverse sa pensée, son oeuvre, jusqu’au genre sacralisé de l’opéra. « Je veux trouver la musique, pas la composer. Les idées semblent beaucoup plus riches quand elles viennent de quelque part hors de ma petite tête. » Utopie du dessin et du sonore, son minimalisme est au croisement des arts et des matières. Tom Johnson plastifie le son, le modèle, et sa voix, ici, en porte témoignage en livrant un éclairage inédit sur un des courants majeurs de notre temps. > Feuilleter le livre

jeudi 22 septembre 2011

écouter: Tom Johnson, Le minimalisme en musique

L’expérience de l’expérimentation

Cycle de conférences sur les musiques expérimentales, organisé par les Instants Chavirés, en partenariat avec l’IDEAT, Institut d’Esthétique des Arts et Technologies (Université Paris 1 – Panthéon-Sorbonne, CNRS UMR 8153) et le département Musique de l’Université Paris 8. Cycle dirigé par Matthieu Saladin (chercheur associé à l’IDEAT).

conférence # 2

TOM JOHNSON
mercredi 16 février 2011 au CDMC (Centre de documentation de la musique contemporaine)
Matthieu Saladin – Introduction au minimalisme
Tom Johnson – Le minimalisme en musique
TOM JOHNSON
« Minimalisme en musique : Encore à la recherche d’une définition »
Résumé :
En 1972, j’ai écrit un article dans le Village Voice intitulé « The Slow-Motion Minimal Approach », qui est généralement considéré comme la première référence sur la musique minimale dans la critique musicale. Je suis revenu sur cette question plusieurs fois, jusqu’en 2001, lorsque j’ai écrit un nouvel essai pour introduire l’exposition « Musica silenciosa » au Musée Reina Sofia de Madrid, pour laquelle j’étais le commissaire. Encore dix ans plus tard, en 2011, il apparaît nécessaire de revenir à nouveau sur ce sujet. La musique minimale me semble aujourd’hui plus vivante et importante que jamais, et ma définition encore plus large. Il conviendra de mettre à jour mes réflexions sur ce sujet, et de faire entendre une variété d’exemples, autant européens qu’américains.

Bio :
Né dans le Colorado en 1939, Tom Johnson a étudié à l’université de Yale et, en privé, avec Morton Feldman. Après 15 années passées à New York, il s’est installé à Paris, où il réside depuis 1983. Il est très justement rangé parmi les minimalistes, car il travaille avec un matériau toujours très réduit. Il procède toutefois de manière nettement plus logique que la plupart des autres compositeurs minimalistes, soumettant entièrement le contenu mélodique, rythmique ou harmonique de sa musique à des formules mathématiques. Cette démarche radicale fait toute l’originalité de son œuvre, empreinte de rigueur, de clarté, mais aussi de dynamisme et d’humour.
Publications :
The Voice of New Music, une anthologie d’articles écrits pour le Village Voice (1972-1982), publié par Apolohuis et disponible actuellement gratuitement aux Editions 75. Egalement, Self-Similar Melodies, texte théorique paru en 1996 aux Editions 75.
[ le site de Tom Johnson ]