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mercredi 9 septembre 2015

Jonathan Sterne, Une histoire de la modernité sonore

Jonathan Sterne
Une histoire de la modernité sonore 
La Découverte
Culture sonore
2015

Présentation de l'éditeur
« Il vous faut un casque audio » : ce slogan publicitaire du début du XXe siècle n’a rien perdu de son actualité. S’isoler dans un monde de sons, prêter attention aux détails acoustiques, rechercher la haute fidélité sonore, communiquer à distance et construire un réseau social… ces pratiques s’enracinent dans un ensemble de transformations intervenues au tournant du XIXe alors que gramophone, stéthoscope, téléphone et autres dispositifs d’écoute deviennent les protagonistes d’une histoire passionnante, celle de notre culture sonore.
Jonathan Sterne s’intéresse aussi bien aux anthropologues collectant des chants indigènes qu’aux auditeurs occidentaux surpris par les voix des morts. Son ambition est de rendre compte de l’importance de l’histoire du son dans tous les aspects de la « modernité » : l’évolution des sciences, la mutation de la médecine, la popularisation des techniques et des médias, l’essor concomitant du capitalisme et du colonialisme, les nouvelles formes de pouvoir collectif et entrepreneurial. Une histoire de la modernité sonore propose une alternative au récit dominant selon lequel la culture occidentale, en devenant moderne, serait passée d’une culture de l’audition à une culture de la vision. Livre fondateur des sound studies, il est d’ores et déjà considéré comme une référence dans ce domaine émergent.   
Jonathan Sterne enseigne l'histoire culturelle des théories de la communication à l'université Mc Gill (Montréal). Il est également l'auteur de MP3, the Meaning of a Format (Duke University Press) et The Sound Studies Reader (Routledge).

dimanche 3 mai 2015

Rafael Andia, Libertés et déterminismes de la guitare. Du Baroque aux Avant-gardes

Rafael Andia
Libertés et déterminismes de la guitare
Du Baroque aux Avant-gardes 
L'Harmattan
2015

Présentation de l'éditeur
Debussy écrivait à Pierre Louÿs : « Surtout, rapporte-moi une guitare d’où s’échappera quand parfois heurtée, comme une fine poussière sonore de ce qu’elle a contenu jadis de mélancolie barbare ». Rafael Andia propose un regard sur les techniques et les écritures qui ont créé la guitare et continuent de déterminer l’histoire si particulière de son instrument : la guitare flamenca ou classique, celle du XXe siècle ou la guitare baroque des Habsbourg de 1600. Celle rêvée par les musiciens de l’Impressionnisme ou celle des Gitans de la Manufacture des Tabacs de Séville. Il peut ainsi tisser des liens entre la chitarra spagnuola de la Contre-Réforme et la guitare actuelle qui a inspiré à Tristan Murail une œuvre spectrale, Tellur . Un instrument partagé entre déterminisme des langages et liberté des gestes. 
Rafael ANDIA a enregistré notamment Falla, Turina, et Albéniz, et a proposé des techniques originales, parfois héritées du flamenco et orientées vers la musique contemporaine. Il a créé et gravé des œuvres pour guitare seule qui vont de Jolivet à Murail. Il a exploré aussi les territoires de la guitare baroque au sein d’un groupe de travail au CNRS et a donné l’intégrale discographique de Robert de Visée chez Harmonia Mundi. 

lundi 13 octobre 2014

Laurent Cugny, Une histoire du jazz en France. Tome 1 : du milieu du XIXe siècle à 1929

Laurent Cugny
Une histoire du jazz en France
Tome 1 : du milieu du XIXe siècle à 1929
Outre Mesure
2014

Présentation de l'éditeur
La France, fille aînée du jazz ? C'est ce qui se pense, se dit parfois, souvent. L'histoire du jazz en France est en tout cas longue et très riche, de musiques, de musiciens, d'événements, de textes, de pensées, de passions, de conflits. 
Le projet de cette histoire du jazz en France se conforme à un déroulement chronologique, depuis les débuts jusqu'à 1990. Les volumes suivants couvriront respectivement les périodes 1930-1944, 1945-1959 et 1960-1990. 
Où faire remonter les débuts ? A l'arrivée en France des Harlem Hellfighters de James Reese Europe dans les derniers jours de 1917 ? A la première apparition écrite du mot « jazz » à l'aube de 1918 ? La réponse est donnée par le parti pris par l'auteur : celui de ne pas raconter seulement l'histoire des musiques et des musiciens, mais de placer celle-ci dans le contexte général de la société française, de ses tendances conservatrices ou progressistes, de ses blocages et de ses évolutions. C'est ainsi qu'on en est amené à remonter aussi loin que le milieu du XIXe, quand des musiciens (faussement ou réellement) noirs apparaissent sur des scènes parisiennes. On parvient de la sorte à retracer une lente maturation, jusqu'à une première articulation placée en 1929, quand s'observe la convergence de mutations sociétales et musicales. 
Quand, donc, a vraiment commencé le jazz en France ? Et d'abord, que signifie le mot en 1918, quand il est imprimé pour la première fois dans Le Gaulois et Le Figaro ? Est-il arrivé déjà formé des Etats-Unis ? Qui en furent les acteurs, français, étatsuniens, originaires d'autres pays, musiciens, médiateurs de toutes sortes ? Quels mouvements traversaient les sociétés françaises qu'il a rencontrées ? Quels cadres de pensée ont pu permettre qu'il s'implante, durablement comme on le sait ? Telles sont les questions auxquelles se confronte le volume d'ouverture de cette première histoire générale du jazz en France. 
Laurent Cugny est musicien, pianiste et arrangeur. Il a créé le big band Lumière, joué et enregistré avec Gil Evans et dirigé l'Orchestre National de Jazz. Auteur de nombreux articles et d'ouvrages, il est aujourd'hui professeur à l'université Paris-Sorbonne. 

lundi 11 novembre 2013

Philippe Malhaire, POLYTONALITÉ: des origines au début du XXIè siècle, exégèse d'une démarche compositionnelle

Philippe Malhaire
POLYTONALITÉ
des origines au début du XXIè siècle, exégèse d'une démarche compositionnelle
L'Harmattan
2013

Présentation de l'éditeur
Voici une étude systématique sur la polytonalité. Ces outils théoriques seront précieux pour l'analyse de toutes les oeuvres qui ont une relation avec la polytonalité et ses dérivés. Philippe Malhaire explore le répertoire polytonal du XXe siècle et offre une série de témoignages de compositeurs contemporains. Cette étude désenclave la polytonalité en identifiant méthodiquement son réel potentiel compositionnel.
Philippe Malhaire est titulaire de l’Agrégation de Musique, d’un Doctorat en Musique et Musicologie de l’Université Paris IV Sorbonne, d’un DEM d’Analyse et du Diplôme Supérieur de Formation Musicale obtenus au Conservatoire de Boulogne-Billancourt. Qualifié aux fonctions de Maître de Conférences depuis 2013, il est actuellement rédacteur en chef de la revue musicale Euterpe, spécialisée dans la musique savante française des XXe et XXIe siècles, président de l’association des Amis de la musique française, membre du Groupe de Recherche Langages Artistiques Asie-Occident et collabore régulièrement à la collection L’Univers esthétique publiée chez L’Harmattan. Parallèlement à ses activités de chercheur et de professeur, Philippe Malhaire est également compositeur, membre de la SACEM depuis 2011. Ses œuvres ont été données dans le cadre du Festival International Albert-Roussel, aux concerts Euterpe ou encore aux concerts Cantus Formus dirigés par Nicolas Bacri.  

jeudi 27 juin 2013

écouter: Carmen Bernand, Genèse des musiques d'Amérique latine. Passion, subversion et déraison

écouter: Carmen Bernand, Genèse des musiques d'Amérique latine
Les lundis de l'histoire par Roger Chartier, 24.06.2013

Carmen Bernand
Genèse des musiques d'Amérique latine
Passion, subversion et déraison
Fayard
2013

Présentation de l'éditeur
C’est dans les Amériques que sont nées et se sont épanouies les deux grandes inventions musicales du XXe siècle : le jazz et la « musique latine ». Celle-ci est l’objet de ce livre qui retrace sa genèse depuis la fin du Moyen Age jusqu’au début des enregistrements sonores.
L’ouvrage débute par la confrontation de trois traditions musicales à la fin du XVe siècle : l’ibérique, dans laquelle le « populaire » est intimement lié à ce que nous appelons aujourd’hui la « grande musique » ; l’amérindienne, fortement ritualisée ; et l’africaine, qui accorde une importance majeure au rythme et aux percussions. Dans le mélange instrumental, mélodique et textuel qui s’opère au fil des siècles dans le cadre des grandes festivités religieuses baroques, les esclaves et affranchis d’origine africaine jouent un rôle de premier plan donnant à la musique (sons, chansons, gestes) une sensualité et une liberté de mouvements toutes nouvelles. Créativité permanente, la musique des Amériques - espagnole et portugaise-se décline sur une longue durée où la samba, le tango, les congadas, la rumba et les corridos, parmi nombre d’autres genres, deviennent des marques identitaires des peuples latino-américains. Dans cette gestation, des ponts unissent ces musiques à l’opéra, aux danses européennes (polka, contredanse), au jazz, ainsi qu’à la musique flamenco des Gitans andalous.
Carmen Bernand est anthropologue et historienne. Elle est professeur émérite de l’université Paris-X et membre de l’Institut universitaire de France. Elle a publié aux éditions Fayard Histoire du Nouveau Monde (deux tomes, avec Serge Gruzinski), Histoire de Buenos Aires, et Un Inca platonicien, Garcilaso de la Vega, 1539-1616.

mardi 16 avril 2013

La Catastrophe apprivoisée - Regards sur le jazz en France

La Catastrophe apprivoisée
Regards sur le jazz en France
Outre Mesure
2013

Présentation de l'éditeur
Le projet « Histoire du Jazz en France », a réuni pendant trois années un grand nombre de chercheurs, dans et hors l’université, en France et à l’étranger. Plusieurs rencontres ont permis de confronter les points de vue et de préciser ce que pourrait être une histoire générale du jazz en France. Ce premier volume réunit les plus significatifs des travaux issus de ces débats.

Quatre champs complémentaires se sont dégagés. Le premier est chronologique : les années 1920, particulièrement fécondes pour la réflexion. Qu’il s’agisse de l’effet d’étrangeté provoqué par l’orchestre militaire de James Reese Europe, de la danse, du rôle de « Bricktop » sur la scène parisienne, du lien au jazz d’un écrivain comme Pierre Mac Orlan ou des relations à la France de l’orchestre anglais le plus célèbre de l’époque, celui de Jack Hylton, cette décennie apparaît bien comme celle de toutes les naissances, d’un intense foisonnement créé par l’irruption du nouveau-né. Médiateurs et médiations ensuite : le jazz ne s’est pas seulement imposé par ses musiciens mais par tous ceux qui l’ont fait connaître. Outre des réflexions sur la nature de ces médiations et sur les rapports du jazz et de la philosophie, on retrouve la radio sous l’Occupation et l’action d’Hugues Panassié, Charles Delaunay, Boris Vian ou Sim Copans. La musique et les musiciens ne sont pas pour autant oubliés. Django Reinhardt, André Hodeir, Bernard Peiffer, Barney Wilen, Michel Petrucciani, Martial Solal en premier lieu, mais aussi les grandes formations de l’après-Deuxième Guerre mondiale. Les régions enfin : la France ne se réduit pas à Paris, même si la capitale attire la lumière avec un naturel toujours renouvelé. La tâche est ardue, tant les traces sont rares, les sources réduites. Elle est ici abordée pour la Bourgogne, la région lilloise et Marseille.

Premier volume de la collection « Jazz en France » , cet ouvrage se propose de poser des jalons, d’ouvrir des pistes nombreuses pour une histoire plus vaste, encore à écrire.

vendredi 23 novembre 2012

Olivier Baudouin, Pionniers de la musique numérique

Olivier Baudouin
Pionniers de la musique numérique
Préface de Marc Battier
Delatour
2012

Présentation de l'éditeur
Le son numérique, inventé en 1957, ne se limite pas à un ensemble de techniques conçues par des ingénieurs pour les télécommunications et la diffusion. Une importante dimension créative accompagne le développement des techniques de synthèse et de numérisation du son, par l'intérêt que portent à la musique et aux arts des pionniers à la fois ingénieurs, musiciens et parfois compositeurs professionnels. C'est ce fil d'Ariane musical et artistique que ce livre déroule, à travers un parcours de plus de 160 pièces expérimentales et œuvres décrites de manière exhaustive.
Cet ouvrage de référence peut être utilisé de diverses manières : il peut être lu de façon continue tel un récit historique, consulté pour des informations particulières avec ses catalogues, ses index, sa bibliographie, sa discographie et ses notes, ou encore examiné à travers de nombreuses analyses musicales. Développé selon une approche globale, il peut répondre aux attentes des étudiants, des musicologues, des praticiens de la synthèse des sons, des artistes multimédia... ou de tout lecteur souhaitant découvrir les rapports fascinants que technologie numérique et musique ont commencé à entretenir il y a plus d'un demi-siècle.
Olivier Baudouin est musicologue, docteur de la Sorbonne et chercheur associé au laboratoire Musique, informatique et nouvelles technologies de l'Observatoire musical français. Ses travaux portent sur l'histoire et l'analyse de la musique électroacoustique et plus précisément sur les techniques de synthèse et de composition du son, la conservation du patrimoine numérique et les rapports entre musique, arts et technologie.Site internet de Olivier Baudouin : http://olivierbaudouin.com

jeudi 25 octobre 2012

Christian Poché, Ziryab, musicien andalou. Histoire et légende

Christian Poché
Ziryab, musicien andalou
Histoire et légende
Riveneuve
2012

Présentation de l'éditeur
Voilà douze siècles que Ziryab intrigue chercheurs et amateurs de musique arabo-andalouse. Ce musicien-astronome de Mossoul ayant fui la jalousie du calife de Bagdad pour s’exiler chez l’émir de Cordoue, stimule la quête des uns et l’imagination des autres. « Le merle noir gazouillant » selon le sobriquet de ses détracteurs, était-il un génie de l’Andalousie, cette Espagne maure de l’Âge d’or, ou bien une création de l’émir, son maître et mécène ? Histoire ou légende ?
Christian Poché mène l’enquête avec la rigueur du plus fin des limiers. Il ne récuse aucune piste ni ne néglige aucun détail. Il recense les sources : de Ibn Hayan, historien de Cordoue aux Xe et XIe siècles, à l’historien Ibn Khaldoun en passant par l’encyclopédiste al-Umari. Il interroge aussi un manuscrit arabe du XIe siècle, découvert en Espagne, qui recèle la biographie de Ziryab que l’on croyait perdue.
Chanteur d’exception ; inventeur de la « cinquième » corde du « oud », roi des instruments de la musique savante orientale ; créateur du premier conservatoire de musique en Europe ; inspirateurs des techniques vocales qui donneront naissance au flamenco ; explorateur des traditions occidentales comme le chant grégorien pour le transposer dans la musique orientale, Zyriab était aussi le maître de l’élégance, de la mode, de l’art de vivre: il codifia l’ornement des tables et l’ordonnancement des plats tel qu’on les respecte aujourd’hui encore.
Christian Poché s’est éteint alors qu’il mettait la dernière main à cet ouvrage qui prend dès lors la dimension d’une sorte de testament musical.
Christian Poché, compositeur et musicologue né à Alep (Syrie), est décédé à Paris en 2010 à l’âge de 72 ans. Ancien membre de l’Institut des musiques traditionnelles de Berlin et de l’Institut du monde arabe de Paris, il a écrit de nombreuses critiques musicales et ouvrages sur les musiques de la Méditerranée et du monde arabe. Membre du comité des collections discographiques «
Ocora » de Radio France, il y était aussi producteur des émissions « Sanza » et « Zambra » sur les musiques du monde (2004-2008).

jeudi 7 juin 2012

écouter: Philippe Gumplowicz, Les résonances de l'ombre. Musique et Identités : de Wagner au jazz



écouter: Philippe Gumplowicz, Les résonances de l'ombre. Musique et Identités : de Wagner au jazz
Les lundis de l'histoire par Michelle Perrot, 14.05.2012

Philippe Gumplowicz, maître de conférences en musicologie à l’Université de Bourgogne et chargé de séminaire à l’Ehess.
Myriam Chimènes, directrice de recherches au CNRS et musicologue

samedi 17 mars 2012

Laurent Denave, Un siècle de création musicale aux États-Unis. Histoire sociale des productions les plus originales du monde musical américain, de Charles Ives au minimalisme (1890-1990)

Laurent Denave
Un siècle de création musicale aux États-Unis.
Histoire sociale des productions les plus originales du monde musical américain, de Charles Ives au minimalisme (1890-1990)

Contrechamps
2012


Présentation de l'éditeur

Cette histoire de la musique américaine replace les différents courants et genres musicaux dans leur contexte économique et social. Elle ne se limite pas aux compositeurs, de Charles Ives à John Adams, mais inclut les différentes formes de musique populaire, depuis la chanson engagée jusqu’au jazz, en passant par les comédies musicales de Broadway. Laurent Denave analyse les tensions entre une sphère savante tôt divisée entre des créateurs originaux et des compositeurs conservateurs ou académiques, et une sphère populaire dominée par les critères commerciaux et davantage faite pour le peuple que par lui. Que ces critères commerciaux s’introduisent à l’intérieur de la musique savante, c’est précisément ce que l’auteur montre à travers différents exemples historiques, qui conduisent à la musique répétitive, assimilée ici à la révolution conservatrice qui eut lieu sur le plan politique.
Laurent Denave souligne à quel point le critère de la modernité musicale aux États-Unis est lié à la capacité d’autonomie des compositeurs et comment – à partir de la figure isolée de Charles Ives, qui fonda sa propre compagnie d’assurances et composa durant son temps libre – cette autonomie a tenté de se structurer socialement à travers différentes institutions, dont l’Université a finalement été l’une des plus importantes. Mais il montre aussi comment cette modernité a été tout au long du siècle aux prises avec les diverses formes de conservatisme et de populisme, ainsi qu’avec les intérêts commerciaux de l’industrie musicale. L’analyse sociologique des conditions mêmes de la musique savante fait apparaître l’exclusion de certaines catégories sociales. 
Fondé sur une documentation impressionnante, écrit d’une plume alerte et vivante, cet ouvrage nous permet de traverser de façon originale une histoire encore mal connue, et jamais présentée ainsi dans son ensemble dans un ouvrage français.
Laurent Denave est diplômé de l’Université de Bourgogne et de Paris-Sorbonne (Paris IV). Il prépare actuellement une thèse de Doctorat sur Charles Ives à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales.

vendredi 4 novembre 2011

Christophe Pirenne, Une histoire musicale du rock

Christophe Pirenne
Une histoire musicale du rock
Fayard
2011

Présentation de l'éditeur

Que devrait nous raconter une histoire du rock ? La plupart des ouvrages disponibles sur le sujet se focalisent sur les musiciens, les firmes de disques, le sens des paroles ou les secrets des enregistrements ; ils abondent en biographies tumultueuses, en anecdotes sordides et en interviews décapantes, mais ils sont presque tous construits sur une absence : celle de la musique.
Christophe Pirenne propose une alternative. En partant des œuvres, c’est-à-dire des sons, des rythmes, des accords, des instruments, mais aussi des postures capillaires et vestimentaires, l’auteur tente d’expliquer comment se forment les genres, pourquoi rien ne se répète tout en n’étant jamais véritablement neuf et surtout pourquoi ces musiques ont pu un jour bouleverser nos vies. De That’s All Right (1954) d’Elvis Presley à Jesus Walks (2004) de Kanye West, des dizaines de chansons sont ainsi décortiquées pour tenter de mettre à jour ce qui a pu leur valoir d’ouvrir la voie à des genres musicaux originaux dans lesquels des milliers voire des millions de gens ont pu se reconnaître.
Ces chansons, ces textes musicaux ne naissent évidemment pas de rien. Pour qu’ils existent il faut des ingénieurs du son et leurs technologies, des journalistes et leurs médias, de managers et leurs dollars, des politiques et leurs lois, des fans et leurs attentes, des Noirs, des Féministes, des Gays, des Blancs… Les œuvres et les genres auxquels elles sont associées sont donc replacées dans leur contexte afin de cerner les conditions de leur émergence.
Christophe Pirenne, convaincu des vertus de l’encyclopédisme dans un monde aux savoirs morcelés, enseigne l’histoire de la musique et les politiques culturelles dans les Universités de Liège et de Louvain-la-Neuve. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages sur les musiques actuelles.

jeudi 8 septembre 2011

Le monde sonore, Revue Dix-Huitième Siècle, 43

Le monde sonore
Revue Dix-Huitième Siècle, 43
2011

Présentation de l'éditeur
À trois siècles de distance, on se plaît encore à observer le goût universel que le dix-huitième siècle eut pour la musique et la relation particulière qu'il entretint avec cet art omniprésent, tant à la Cour qu'à la Ville.
Objet et prétexte à polémiques ou à débats, la musique est bien plus qu'un divertissement anodin tout juste capable de couvrir les babillages mondains, elle est au contraire au centre du mouvement des Lumières et occupe une place centrale dans la culture populaire comme dans celle des élites. La position des Encyclopédistes tentant d'unir le discours musical au propos philosophique, constitue un champ de recherche privilégié d'où émergent une nouvelle sensibilité et une nouvelle conception de l'existence. Dans une démarche volontairement ouverte sur des approches musicologiques, historiennes, littéraires et en cherchant à établir des « correspondances » entre elles, les contributions qui forment ce volume portent un regard renouvelé sur les usages, la réception et les pratiques de la musique. Venant compléter de manière originale la bibliographie déjà abondante concernant la musique au dix-huitième siècle, ces études contribueront à une meilleure définition d'une « image sonore » complexe et contrastée. Elles interrogeront tout autant le geste artistique que sa représentation et sa signification au sein d'une société en mutation.

vendredi 2 septembre 2011

Le son des rouages. Représentation musicales des rapports homme-machine au 20e siècle






Le son des rouages
Représentation musicales des rapports homme-machine au 20e siècle
Delatour
2011

Présentation de l'éditeur
Des années 1910 à 2000, de la « Vieille Europe » aux États-Unis et à la Russie, des avant-gardes européennes du début du siècle à la musique contemporaine en passant par le rock progressif et la techno, ce recueil propose un premier aperçu de la profusion et de la diversité des objets et approches dans le domaine des représentations des relations entre homme et machine en musique, dégageant ainsi des lignes de force qui dessinent un tableau complexe des évolutions sociales et artistiques traversant le siècle.

jeudi 21 avril 2011

Martin Kaltenecker, L’Oreille divisée : discours sur l’écoute musicale aux XVIIIe et XIXe siècles


Martin Kaltenecker
L’Oreille divisée : discours sur l’écoute musicale aux XVIIIe et XIXe siècles
éditions MF
2010

Présentation de l'éditeur
Ce livre interroge les discours sur l’écoute musicale à partir de la seconde moitié du XVIIIe siècle, moment où l’on remarque une inquiétude croissante au sujet des risques qu’elle encourt. L’œuvre peut alors s’affranchir d’un ensemble de codes qui garantissaient une communication immédiate – par référence à la rhétorique – pour inventer à chaque fois des règles ou des organismes nouveaux, que saisira une écoute répétée. S’adressant au XVIIIe siècle aussi bien à l’amateur qu’au connaisseur, à partir de Beethoven, l’œuvre pourra constituer à chaque fois sa propre communauté d’écoute.
L’écoute musicale, comprise comme l’appréhension d’une œuvre, est en même temps étroitement liée aux théories portant sur la perception, qui peuvent même prendre le pas sur elles à certaines époques. Ces théories sont influencées de leur côté par des textes théologiques ou philosophiques assurant la suprématie de l’œil sur l’oreille, ou l’inverse. Quant à l’écoute musicale, elle revêtira différentes figures dont on suit ici le développement : une écoute par association d’images, une écoute structurelle, une écoute sublime ou une écoute de l’ineffable.
Le notion de discours est entendue au sens fort, comme producteur d’effets concrets : aménagement de lieux favorisant telle ou telle écoute, construction sociale d’attitudes – se taire, fermer les yeux, n’applaudir qu’à la fin d’un morceau… –, mais aussi marque imprimée sur les œuvres elles-mêmes, qui visent un certain type d’écoute : un compositeur ne crée pas seulement à partir de techniques d’écriture ou d’une vision poétique, mais aussi à partir de discours, dont la trace se repère dans ses partitions.
lire un extrait du texte


Martin Kaltenecker, musicologue et traducteur, a été producteur à France Musique (1982-2007). Membre fondateur de la revue Entretemps (1986-1992), il a été boursier du Wissenschaftskolleg zu Berlin (2006/2007) et il est depuis 2006 chercheur associé au Centre de Recherches sur les arts et le langage (EHESS, Paris). Il a enseigné aux universités de Poitiers et de Paris 7 et intervient régulièrement dans le séminaire « Musique et sciences sociales ») à l’EHESS. Outre de nombreux articles sur l’esthétique de la musique au XIXe et XXe siècle, il a publié La Rumeur des Batailles (Fayard, 2000) et Avec Helmut Lachenmann (Van Dieren, 2001). Il a co-dirigé l’ouvrage collectif Penser l’Œuvre musicale au 20e siècle : avec, sans, contre l’histoire ? (CDMC, 2006). Parmi ses dernières publications figurent : « Opéras d’art et d’essai. Notes sur les traces du Symbolisme dans l’opéra contemporain », (La Parole sur scène, Paris : L’Harmattan, 2008) et « À propos du contexte philosophique et physiologique du paradigme rhétorique au XVIIIe siècle », Revue de Musicologie, 95/1 (2009).

dimanche 6 mars 2011

Sabine Trebinjac, Le pouvoir en chantant, I et II

Sabine Trebinjac
Le pouvoir en chantant, I
L'art de fabriquer une musique chinoise
Publications de la Société d'ethnologie


Présentation de l'éditeur
En Chine, la place accordée à la musique est étonnante. À la fois ferment de la légitimité politique et symbole du pouvoir, la musique est étroitement liée au domaine politique. Les dirigeants y veillent, aidés par un formidable réseau d’institutions musicales. Appelés à collecter les musiques de Chine, la dizaine de milliers de fonctionnaires qui y travaillent œuvrent à la fabrication d’une musique nationale chinoise. La tradition laisse alors place au traditionalisme d’État. C’est au travers de la musique ouïgoure que cette incroyable alchimie a été comprise. Musique heptatonique jouée principalement sur des vièles et des luths, elle s’inscrit dans le monde musical irano-arabo-türk. Pourtant elle aussi a été intégrée dans cet extraordinaire florilège qu’est la musique de Chine. Au terme du livre, force est de constater que si, en Chine, le pouvoir s’exerce en chantant, chanter peut aussi avoir autorité sur le pouvoir.

Sabine Trebinjac
Le pouvoir en chantant, II
Une affaire d'État... impériale
Publications de la Société d'ethnologie


Présentation de l'éditeur
À l'issue du premier tome du Pouvoir en chantant, consacré à la Chine contemporaine, l'hypothèse était formulée qu'il pouvait exister une certaine continuité historique entre l'ancienne Chine et la Chine contemporaine concernant la musique et ses institutions.

Afin de valider ou d'infirmer cette hypothèse, l'auteur s'appuie sur une démarche pluridisciplinaire mêlant la philosophie, l'anthropologie et l'acoustique. Elle livre ainsi au lecteur la traduction d'un traité confucéen du 2e siècle av. J.-C. consacré à la musique, qui permet d'appréhender la place de celle-ci dans la pensée de la Chine ancienne. Elle cherche également dans les annales historiques les mentions ayant trait à la musique et aux institutions musicales, avant d'illustrer par quelques exemples la réalité du travail musical dont était chargées lesdites institutions : élaboration de la musique impériale, travail préparatoire de la musique rituelle, organisation des collectes musicales, modification des étalons sonores, réglage des instruments...

Fort de ses deux tomes, Le pouvoir en chantant met clairement en évidence la place et le rôle tenus par les affaires musicales au sein de l'organisation politique globale de l'État chinois tant impérial que communiste.

samedi 5 mars 2011

video: Sabine Trebinjac, Un regard ethnosociologique sur les musiques chinoise et ouïgoure


Responsable(s) de cet entretien : Aygun Eyyubova - ESCoM-FMSH, Paris, France
Date et lieu de l'entretien : Jeudi 28 juin 2007 -
Fondation Maison des Sciences de l'Homme, 54 bd raspail, 75006 Paris, France
Contact : contact-aar@msh-paris.fr
Réalisation : Camille Bonnemazou (ESCoM-FMSH, Paris, France) , Aygun EYYUBOVA (ESCoM-FMSH, Paris, France)

Dans cet entretien, Sabine TREBINJAC nous explique la signification de ce que nous appelons « musique chinoise ». Celle-ci comprend l’ensemble des musiques ethniques présentes en Chine et sur lesquelles l'Etat a appliqué une procédure de contrôle et de traditionnalisation. Elle nous détaille ce processus sur l’exemple de la musique ouïgoure, d’origine turque. Le chercheur nous initie également aux particularités de la musique ouïgoure, notamment celles du genre Muqam. Pour donner une idée plus précise et conviviale de la musique ouïgoure, Sabine Trebinjac nous fait écouter deux morceaux de muqam ouïgour, issus de son disque "Turkestan Chinois/ Xinjiang" élaboré en coopération avec Jean During et édité, en 1990, par Radio France OCORA.

Les extraits de musique présentés sur le site sont accompagnés de prises de vue du Xinjiang effectuées par Sabine Trebinjac.

Sabine TREBINJAC est chercheur au CNRS, au Laboratoire d’ethnologie et de sociologie comparatives, à l’Université Nanterre - Paris X. Elle y est également chargée de cours en ethnologie. Sabine Trebinjac est à la fois ethnologue, historienne, sociologue de la musique et sinologue. Ses travaux de recherche portent sur la Chine ancienne et contemporaine, elle étudie notamment les relations entre la politique d’Etat et la musique. Ayant effectué de nombreux séjours en Chine, elle s’est, depuis bientôt vingt ans (1988), intéressée au Turkestan chinois, ses populations türk et ses musiques inscrites dans un monde musical irano-arabo-türk.

mercredi 22 décembre 2010

écouter: Conférence de Ludovic Tournès, Jazz in Paris (1920-1960)

  écouter:  Conférence de Ludovic Tournès, Jazz in Paris (1920-1960), Les musiciens américains en France, Jeudi 16 décembre 2010,

  Ludovic Tournès, professeur d’histoire des relations internationales, Université de Paris Ouest Nanterre La Défense, animée par Marie-Claude Blanc-Chaléard, professeur d’histoire sociale, Université de Paris Ouest - Nanterre La Défense.
À partir de l’entre-deux-guerres, et surtout après la Deuxième guerre mondiale, les musiciens de jazz américains viennent nombreux en France. Si certains ne restent que le temps d’un concert, d’autres séjournent plusieurs mois, plusieurs années, voire s’installent définitivement dans l’Hexagone, à l’image de Sidney Bechet ou de Kenny Clarke. Leurs itinéraires illustrent l’intérêt de l’étude d’une population souvent négligée par les historiens des migrations : celle des artistes, population très mouvante, numériquement peu nombreuse et parfois difficile à suivre dans ses pérégrinations. Immigrés d’une catégorie un peu particulière, les musiciens de jazz ont largement contribué à l’implantation du jazz en France, et, par là, apporté leur pierre à l’évolution du paysage artistique hexagonal au XXe siècle.

mardi 14 décembre 2010

pdf: François Baskevitch, thèse Les représentations de la propagation du son, d'Aristote à l'Encyclopédie

Université de Nantes (2008-10-20), Patrice BAILHACHE (Dir.)

PDF
F_Baskevitch_-_Les_representations_de_la_propagation_du_son_d_Aristote_a_l_Encyclopedie_-_These_petit_format_-_oct_2008.pdf(5.3 MB)
ANNEX
F_Baskevitch_-_Bibliographie_these.pdf(328.4 KB)
Les représentations de la propagation du son, d'Aristote à l'Encyclopédie
François Baskevitch1

Entre la théorie de la musique et l'étude de la perception, il y a peu d'espace, dans la science Scolastique, consacré à la physique des sons. La mécanique aristotélicienne ne prévoit pas le mouvement sans transport de matière et cette lacune constitue un blocage. A partir du début du XVIIème siècle, de nombreux savants traitent le sujet, parfois dans des ouvrages entiers, souvent en quelques lignes. Le phénomène est invisible et fugitif, alors on invente des représentations. Parmi elles, la célèbre métaphore des ronds dans l'eau rencontre un succès certain, mais également le flux de corpuscules ou les rayons sonores. La rédaction de l'Encyclopédie est contemporaine de la mathématisation de la propagation des ondes, avec la modélisation par les cordes vibrantes. A travers une Histoire de l'Acoustique Physique, on entreprend ici l'étude de ces représentations et des controverses qu'elles suscitent parmi les différents courants de la pensée scientifique, de l'Antiquité aux Lumières.
1:  Centre François Viète : épistémologie, histoire des sciences et des techniques
histoire de l'acoustique – histoire des sciences – acoustique physique – propagation du son – Echo – vitesse du son – porte-voix – science grecque – scolastique – science arabe – science moderne

The Representations of Propagation of Sound, from Aristotle to the Encyclopédie
Between musical theory and study of perception, there is no space, for Scholastic Science, devoted to sounds physics. Aristotelian mechanics does not conceive a movement without a transport of matter and this gap produces a block. From 17th century, many scientists deal with the subject, sometimes in entire books, often in a few lines. The phenomenon of sound is invisible and fleeting, so representations are created. Among them, the famous metaphor of rings in the water meets a real success, but also flows of corpuscles or sonorous rays. The writing of the ‘Encyclopédie' is contemporary with the mathematisation of waves propagation, with the modeling by vibrating strings. Through an History of Physical Acoustics, here is undertaken the study of these representations and the controversies that they bring about among the different movements of the scientific thought, from Antiquity to Enlightenment.