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samedi 12 janvier 2013

François Picard, L’Incantation du patriarche Pu’an 普庵祖師神咒 Les avatars du syllabaire sanskrit dans la musique chinoise

François Picard
L’Incantation du patriarche Pu’an 
普庵祖師神咒 
Les avatars du syllabaire sanskrit dans la musique chinoise
PEETERS
2012

Présentation de l'éditeur
«L'Incantation de Pu'an» compte parmi les rares pièces de musique à faire partie aujourd'hui de répertoires aussi différents que ceux des moines, des paysans, de ménétriers, des lettrés, des notables, des professionnels des conservatoires et du concert. Elle trouve sa source dans une incantation bouddhique dont la plus ancienne version connue, malgré son attribution à Pu'an, maître de méditation du XIIe siècle, figure, paroles et musique, dans un recueil pour cithare de 1592, avant même sa publication dans un livre bouddhique en 1600. Elle s'est transmise inchangée dans les temples, avec peu de transformations dans les répertoires paraliturgiques, alors que les versions actuelles pour cithare, sans paroles, sont devenues totalement méconnaissables, malgré une transmission notée sans interruption. Elle a été intégrée en tant que musique instrumentale aux répertoires des suites jouées à la cour impériale des Qing et se retrouve dans tous les recueils majeurs marquant l'émergence au XIXe siècle d'un répertoire pour cordes, base du répertoire des professionnels contemporains. Après ce long détour, elle a été réintégrée dans le répertoire pseudo-bouddhique des ensembles des maisons de thé de la région de Shanghai.
Son texte, qui n'apparaît que dans un contexte liturgique ou paraliturgique, consiste en une série d'invocations suivies d'un envoi dédié à Pu'an encadrant une sorte de formule magique dérivée, par un long chemin, du syllabaire sanskrit sous sa forme siddham.
Cette étude inédite combine approche du bouddhisme chinois, en particulier l'adaption de la notion indienne de son sacré, et ethnomusicologie; elle met en valeur les relations entre genres réputés séparés (campagne et ville, temples, cour et théâtre) en les examinant dans la perspective d'une anthropologie religieuse.

dimanche 6 mars 2011

Sabine Trebinjac, Le pouvoir en chantant, I et II

Sabine Trebinjac
Le pouvoir en chantant, I
L'art de fabriquer une musique chinoise
Publications de la Société d'ethnologie


Présentation de l'éditeur
En Chine, la place accordée à la musique est étonnante. À la fois ferment de la légitimité politique et symbole du pouvoir, la musique est étroitement liée au domaine politique. Les dirigeants y veillent, aidés par un formidable réseau d’institutions musicales. Appelés à collecter les musiques de Chine, la dizaine de milliers de fonctionnaires qui y travaillent œuvrent à la fabrication d’une musique nationale chinoise. La tradition laisse alors place au traditionalisme d’État. C’est au travers de la musique ouïgoure que cette incroyable alchimie a été comprise. Musique heptatonique jouée principalement sur des vièles et des luths, elle s’inscrit dans le monde musical irano-arabo-türk. Pourtant elle aussi a été intégrée dans cet extraordinaire florilège qu’est la musique de Chine. Au terme du livre, force est de constater que si, en Chine, le pouvoir s’exerce en chantant, chanter peut aussi avoir autorité sur le pouvoir.

Sabine Trebinjac
Le pouvoir en chantant, II
Une affaire d'État... impériale
Publications de la Société d'ethnologie


Présentation de l'éditeur
À l'issue du premier tome du Pouvoir en chantant, consacré à la Chine contemporaine, l'hypothèse était formulée qu'il pouvait exister une certaine continuité historique entre l'ancienne Chine et la Chine contemporaine concernant la musique et ses institutions.

Afin de valider ou d'infirmer cette hypothèse, l'auteur s'appuie sur une démarche pluridisciplinaire mêlant la philosophie, l'anthropologie et l'acoustique. Elle livre ainsi au lecteur la traduction d'un traité confucéen du 2e siècle av. J.-C. consacré à la musique, qui permet d'appréhender la place de celle-ci dans la pensée de la Chine ancienne. Elle cherche également dans les annales historiques les mentions ayant trait à la musique et aux institutions musicales, avant d'illustrer par quelques exemples la réalité du travail musical dont était chargées lesdites institutions : élaboration de la musique impériale, travail préparatoire de la musique rituelle, organisation des collectes musicales, modification des étalons sonores, réglage des instruments...

Fort de ses deux tomes, Le pouvoir en chantant met clairement en évidence la place et le rôle tenus par les affaires musicales au sein de l'organisation politique globale de l'État chinois tant impérial que communiste.

samedi 5 mars 2011

video: Sabine Trebinjac, Un regard ethnosociologique sur les musiques chinoise et ouïgoure


Responsable(s) de cet entretien : Aygun Eyyubova - ESCoM-FMSH, Paris, France
Date et lieu de l'entretien : Jeudi 28 juin 2007 -
Fondation Maison des Sciences de l'Homme, 54 bd raspail, 75006 Paris, France
Contact : contact-aar@msh-paris.fr
Réalisation : Camille Bonnemazou (ESCoM-FMSH, Paris, France) , Aygun EYYUBOVA (ESCoM-FMSH, Paris, France)

Dans cet entretien, Sabine TREBINJAC nous explique la signification de ce que nous appelons « musique chinoise ». Celle-ci comprend l’ensemble des musiques ethniques présentes en Chine et sur lesquelles l'Etat a appliqué une procédure de contrôle et de traditionnalisation. Elle nous détaille ce processus sur l’exemple de la musique ouïgoure, d’origine turque. Le chercheur nous initie également aux particularités de la musique ouïgoure, notamment celles du genre Muqam. Pour donner une idée plus précise et conviviale de la musique ouïgoure, Sabine Trebinjac nous fait écouter deux morceaux de muqam ouïgour, issus de son disque "Turkestan Chinois/ Xinjiang" élaboré en coopération avec Jean During et édité, en 1990, par Radio France OCORA.

Les extraits de musique présentés sur le site sont accompagnés de prises de vue du Xinjiang effectuées par Sabine Trebinjac.

Sabine TREBINJAC est chercheur au CNRS, au Laboratoire d’ethnologie et de sociologie comparatives, à l’Université Nanterre - Paris X. Elle y est également chargée de cours en ethnologie. Sabine Trebinjac est à la fois ethnologue, historienne, sociologue de la musique et sinologue. Ses travaux de recherche portent sur la Chine ancienne et contemporaine, elle étudie notamment les relations entre la politique d’Etat et la musique. Ayant effectué de nombreux séjours en Chine, elle s’est, depuis bientôt vingt ans (1988), intéressée au Turkestan chinois, ses populations türk et ses musiques inscrites dans un monde musical irano-arabo-türk.

dimanche 9 janvier 2011

écouter et lire: François Picard sur la musique chinoise


écouter: François Picard, ethnomusicologue, le son dans les rituels de Chine 
leçon magistrale enregistrée à la Cité de la musique le mardi 26 octobre 2004

Présentation par l'auteur : ″D'un côté, le confucianisme considère la musique comme harmonie des différences, en cela complémentaire des rites, qui ont vocation à séparer. D'un autre, le bouddhisme a importé d'Inde l'idée de son sacré, créateur, et la pratique des incantations. Production du son organisé et attitude d'écoute ont donc emprunté des voies différentes, pourtant toutes bien chinoises, bien humaines.″

lire:
François Picard, « Vers une anthropologie musicale. World Music, une approche critique », Communication aux Journées d'études de la Société Française d'Ethnomusicologie, juin 1993; Écouter voir 62 (février 1997). PDF, 279 Ko.
François Picard, « Du temple aux maisons de thé, et retour : Les tribulations d'une incantation en Chine », Communication à l'Université Marc-Bloch, Strasbourg, juin 1997; Méthodes nouvelles, musiques nouvelles, M. Grabócz éd., Strasbourg, Presses Universitaires, 1999. PDF, 1303 Ko.
François Picard, « Chine, comment décrire une musique décrite comme descriptive », Communication au colloque De l'écoute à l'oeuvre : quels chemins, quels entrecroisements disciplinaires, Université Paris X, 19-20 février 1999; M. Imberty éd., Paris, L'Harmattan, 2001. PDF, 852 Ko.
François Picard, « La tradition comme réception et transmission (kabbale et massore) », Communication au colloque Herméneutique et musique, Université Marc-Bloch de Strasbourg, 19-20 mai 1999; Approches herméneutiques de la musique, J. Viret éd., Strasbourg, Presses Universitaires, 2001. PDF, 391 Ko.
François Picard, « Music (17th and 18th centuries) », The Handbook of Oriental Studies, Christianity in China, N. Standaert éd., vol. 1, Leiden, E.J. Brill, 2001. PDF, 403 Ko.
François Picard, « La mise en scène des rituels », L’Ethnographie 3 (2006). PDF, 476 Ko.
François Picard, « L'Hypothèse ethnomusicologique ». Réflexions sur l'ethnomusicologie  exotisme, folklore, traditions musicales, la musique comme culture. 2005. PDF, 63 Ko.
François Picard, « Échelles et modes ». Définitions de termes et de notions en rapport avec les échelles et les modes. 2005. PDF, 145 Ko.
François Picard, « Rythmes et durées, pour une musicologie généralisée ». 2005. PDF, 111 Ko.
François Picard, « Forme et structure, pour une musicologie généralisée ». 2007. PDF, 1,2 Go.
Jérôme Cler, « De la scène à l'estrade. Entretien avec François Picard », Cahiers d'ethnomusicologie 20 (2007), p. 273-288. PDF, 2,24 Mo.

jeudi 23 décembre 2010

videos: POETIQUE DE L’INSTRUMENT DE MUSIQUE CHINOIS Conférence concert autour de la cithare guzheng

POETIQUE DE L’INSTRUMENT DE
MUSIQUE CHINOIS
Conférence concert autour de la cithare guzheng

Conférence du professeur Véronique Alexandre Journeau et de l’enseignante concertiste Qian Li
mardi 25 mai 2010

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 Démonstration de cithare GuZheng

Les instruments de musique chinois sont classés selon une catégorie en huit matériaux dont l’origine est cosmogonique. Un bref descriptif historique sera fait par Véronique Alexandre Journeau, accompagné d’illustrations et d’une série de neuf poèmes sur neuf instruments de musique par Li Qiao (644-713), conçue comme un exercice de style pour perpétuer et transmettre les valeurs fondatrices de la civilisation chinoise au moment où l’empereur de la dynastie Tang avait lancé des recherches sur la musique ancienne. Un instrument sera ensuite étudié plus particulièrement, la cithare guzheng dont l’origine remonte à la création de l’empire chinois par Qinshi huangdi qui promut l’instrument de son royaume. C’est d’ailleurs actuellement l’instrument qui tient la place du piano en Occident. Qian Li, enseignante-concertiste, présentera brièvement quelques aspects techniques de son instrument ainsi que les pièces qu’elle interprétera, certaines à l’instrument seul et d’autres avec chant.

Docteur ès Histoire de la musique et musicologie et Docteur ès Asie orientale et sciences humaines, Véronique Alexandre Journeau passe actuellement son HDR à l’université Jean Moulin Lyon 3 et prépare un ouvrage sur la musique des poèmes à chanter (ci). Elle est chercheure associée, Réseau Asie - Imasie (CNRS/FMSH) et Observatoire musical français (Université de la Sorbonne –Paris 4), sur des problématiques relatives à la musique, la poésie et la philosophie de l’art en Chine et en comparatisme avec l’Occident. Elle poursuit également un travail en traductologie dans le cadre de la société d’études des pratiques et théories en traduction (Septet). Elle a publié deux livres d’auteur (L’art poétique de Sikong Tu et Le Livre de musique de l’antiquité chinoise, Paris : Editions You-Feng, 2006 et 2008), des ouvrages en tant qu’éditeur scientifique et de nombreux articles dont « Trois moments de la vie d’une œuvre : comparaison avec la Chine » pour le premier ouvrage, Musique et effet de vie, de la collection, L’Univers esthétique, qu’elle a créée et dirige aux éditions L’Harmattan.
Qian Li est enseignante de cithare guzheng. Elle est par ailleurs instrumentiste, chanteuse et compositrice. Diplômée de l’Université Normale de Nakin où elle suivit un cursus d’enseignement de la musique, Qian Li est ensuite venue en France pour y exercer et professer son art. Dès 2003, ses talents sont mis à contribution dans de nombreuses performances artistiques. Elle prend part au spectacle « 25 siècles de poésie chinoise, du Shijing à nos jours » une co-production CERAC/DRAC/CNL/PARIS BIBLIOTHEQUES, dans le cadre de l'année de la Chine en France. En 2005, elle devient l’un des éléments majeurs du spectacle « Buveur de lune », une création de Jacques Mayoud. Depuis cinq ans, elle donne régulièrement des concerts conférences sur le thème de la cithare guzheng et participe à des animations en milieu scolaire et à des ateliers sur la poésie chinoise.