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lundi 1 avril 2019

audio: Anne de Fornel présente sa biographie de John Cage



audio: Anne de Fornel présente sa biographie de John Cage
Le cri du Patchwork par Clément Lebrun, France Musique, 19 février 2019

Anne de Fornel
John Cage
Fayard
2019

Présentation de l'éditeur
L’ouvrage de référence sur un artiste peu académique, emblème d’une Amérique libre et inventive. John Cage (1912-1992) est l’un des compositeurs les plus connus, mais aussi les plus controversés du XXe siècle. Il a exploré des territoires inconnus en créant un répertoire pour le piano préparé, en utilisant l’électronique de manière novatrice et en introduisant l’impersonnel dans son processus de composition. Son important corpus de pièces indéterminées témoigne d’un refus des hiérarchies du monde musical de son temps. Il a contribué à élargir l’univers sonore, a développé la dimension de la performance et a donné davantage de liberté à l’interprète. Il est l’un des rares compositeurs à avoir créé parallèlement une oeuvre plastique d’une grande importance et avoir produit des installations-expositions où il s’est livré à une forme de tabula rasa. En étroite collaboration avec le chorégraphe Merce Cunningham, il a forgé un rapport radicalement nouveau entre la musique et la danse. Son insatiable curiosité l’a conduit à se tourner vers le bouddhisme zen, qui deviendra le fondement de sa création non intentionnelle. 
Dans cette monographie, Anne de Fornel présente à la fois l’homme et l’oeuvre en éclairant tous les aspects de sa production à partir d’une recherche de première main effectuée dans différents fonds d’archives américains. Des entretiens réalisés avec des personnalités proches, des collaborateurs de longue date et une nouvelle génération d’interprètes apportent aussi le témoignage de l’empreinte qu’a laissée John Cage dans l’art du XXe siècle. 
Anne de Fornel est une musicologue et pianiste franco-américaine. Elle est titulaire d’un doctorat de Musique et Musicologie de l’Université de Paris- Sorbonne (Paris IV), d’un Master de piano du CNSMD de Lyon et d’un Master spécialisé « Médias, Art et Création » de HEC Paris. Elle est l’auteur de nombreux articles et publications sur la musique et les arts plastiques des XXe et XXIe siècles. 


dimanche 10 août 2014

écouter: les rencontres entre des Improvisateurs (Charlie Parker, Charles Mingus, etc.) et un Compositeur (Edgard Varèse)



Charlie Parker et Edgard Varèse (1954-1955):


extrait de Charlie Parker interviewed by Paul Desmond (Boston radio, early 1954)
P.D. - No, I know many people are watching you at the moment with the greatest of interest to see what you're going to come up with next in the next few years, myself among the front row of them. Well what have you got in mind?
C.P.- well, seriously speaking I mean I'm going to try to go to Europe to study. I had the pleasure to meet one Edgar Varese in New York City; he's a classical composer from Europe, he's a Frenchman, very nice fellow and he wants to teach me; in fact he wants to write for me because he thinks I'm more for, more or less on a serious basis you know, and if he takes me over, I mean after he's finished with me I might have the chance to go to the Academy of Music out in Paris itself and study, you know. My prime interest still is learning to play music, you know.
J.M. - would you study playing or composition?
C.P. - I would study both. I never want to lose my horn.
P.D - no, you never should.
C.P. - I don't want to do that. That wouldn't work.

Edgard Varèse "With jazz, the ones who could have been good become very conventional. I heard the man who was playing—what was his name? He died. He was a god of music in that field. He played a kind of saxophone—Charlie Parker. At that time he lived in New York. He followed me on the street, and he said he wanted to be with us. The day I left I said, "We'll get together. I'll take you for my pupil." Then I had to catch my boat. It's when I went to Europe for Déserts. And Charlie Parker died in '55, in March. Oh, he was so nice, and so modest, and he had such a tone. You could not know if it was an angelic double bass, a saxophone, or a bass clarinet. Then one day I was in that big hall there on 14th Street, the Cooper Union. Somebody said, "I want to meet you." She was the widow of Charlie Parker. She said, "He was always talking about you, so I know all about you." And that man was a great star. He wanted to study music and thought I had something for him." - (From Perlis and Cleve's Composers' Voices from Ives to Ellington
“He stopped by my place a number of times. He was like a child, with the shrewdness of a child. He possessed a tremendous enthusiasm. He’d come in and exclaim, ‘take me in as you would a baby and teach me music. I only write one voice. I want to have structure. I want to write orchestral scores.’ I promised myself I would try to find some time to show him some of the things he wanted to know.”

Edgard Varèse et les sessions de 1957
En 1957, Varèse a dirigé des jam sessions avec Art Farmer (tp), Teo Macero (t sax - futur producteur de Miles Davis), Hal McKusik (cl, a sax), Hall Overton (p), Frank Rehak (tb), Ed Shaughnessy (dms), Eddie Bert (tb), Don Butterfield (tuba) Bill Crow et Charles Mingus (cb) , Teddy Charles (vib)
Entre Mars et août 1957, these Sunday jam-sessions were followed by arranger George Handy, journalist Robert Reisner, composers James Tenney, and John Cage, choreographer Merce Cunningham. 

L'original est à la Fondation Paul Sacher, on peut entendre les enregistrements avec un meilleur son dans le film de Mark Kidel, Edgard Varèse, Les Films d'Ici, 1995


une partie d'un visuel que Varèse avait donné à Teo Macero pour les sessions

On peut entendre une influence des travaux d'Edgard Varèse avec des Improvisateurs de Jazz dans le Poème électronique, for tape (1957-1958)

An excerpt from Varèse's score for Poème électronique


dimanche 18 septembre 2011

écouter: MATTHIEU SALADIN, L’expérience de l’expérimentation, JEAN-YVES BOSSEUR, L’indétermination : Cage et au-delà

L’expérience de l’expérimentation

Cycle de conférences sur les musiques expérimentales, organisé par les Instants Chavirés, en partenariat avec l’IDEAT, Institut d’Esthétique des Arts et Technologies (Université Paris 1 – Panthéon-Sorbonne, CNRS UMR 8153) et le département Musique de l’Université Paris 8. Cycle dirigé par Matthieu Saladin (chercheur associé à l’IDEAT).
samedi 22 janvier 2011 aux Instants Chavirés

ÉCOUTER || 00 – matthieu saladin – “l’experience de l’experimentation”
MATTHIEU SALADIN, « L’expérience de l’expérimentation »
 Résumé :
En guise d’introduction générale au cycle de conférences, il s’agira de questionner l’expérience esthétique singulière qui se joue dans les musiques expérimentales, à la fois du point de vue des musiciens et du public. Quels processus de création engage le musicien dans ce type de recherche ? Quelle est la place de l’auditeur et de l’écoute ? Quels sont les statuts du concert et de la performance dans ces pratiques, mais aussi de l’objet disque et plus largement de l’enregistrement, compris comme autre médium apte à proposer le partage d’une expérience musicale ? Cette introduction prendra la forme d’une réflexion esthétique sur l’expérience musicale à l’œuvre dans ces musiques et entend apporter des premiers éléments de discussion sur leurs processus de création.
Bio :
Docteur en Esthétique et chercheur associé à l’IDEAT (Paris 1/CNRS), Matthieu Saladin effectue ses recherches dans le champ des musiques expérimentales. Il est également artiste et musicien. Sa pratique s’inscrit dans une démarche conceptuelle.
Publications :
« Le bruit du “n’importe qui” », Le performantiel Noise (2010) ; « Les formulations du silence dans les écrits de John Cage », Art Présence (2010) ; « Points of resistance and criticism in free improvisation », Noise & Capitalism (2009).
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ÉCOUTER || 01 – jean-yves bosseur – “L’indétermination Cage et au-delà”
JEAN-YVES BOSSEUR : « L’indétermination : Cage et au-delà »

Résumé :
S’orienter vers le principe de l’indétermination nécessite de s’écarter de la pensée bipolaire (avec les couples ordre/désordre, fixité/ouverture) qui continue à imprégner une large part de la réflexion sur l’œuvre ouverte en Europe. C’est dans la musique américaine des années 1950, au sein de ce que l’on a appelé l’École de New York (John Cage, Earle Brown, Morton Feldman, Christian Wolff) que ce concept prend toute son importance, se démarquant fortement de la manière dont les Européens envisageaient pour leur part la transgression du caractère de fixité attaché à l’œuvre musicale traditionnelle. Pour Cage, libérer la musique consiste, non seulement à la faire sortir du ghetto de la forme fixe, mais implique surtout d’accepter le son comme organisme autonome : composer ne réside, alors, pas tant dans le fait de le domestiquer que d’ « imiter la nature dans sa façon d’opérer ». C’est Cage qui est plus particulièrement à l’origine du qualificatif d’« indétermination », impliquant que le compositeur ne cherche plus à se garantir un contrôle absolu sur ce que produit l’interprète à partir de la partition. De ce fait, le statut du compositeur change radicalement. Plus que le créateur d’une œuvre, il devient le catalyseur d’un processus capable d’engendrer de multiples formes de réalisation qui lui échappent en grande partie. Encore convient-il de se demander, un demi-siècle plus tard, quels retentissements auront connu de tels principes, pour les générations ultérieures de compositeurs préoccupés, plus largement, par la question de l’œuvre ouverte.
Bio :
Né en 1947 à Paris. Études de composition à la Rheinische Musikschule de Cologne (Allemagne) avec K. Stockhausen et H. Pousseur, Doctorat d’Etat (philosophie esthétique) à l’Université de Paris I. Directeur de Recherche au CNRS et professeur de composition au Conservatoire de Bordeaux.
Publications :
Révolutions musicales, avec Dominique Bosseur (Minerve) ; Le sonore et le visuel (Dis-Voir) ; John Cage (Minerve) ; Musique et arts plastiques : interactions au XXe siècle (Minerve) ; Morton Feldman (L’Harmattan) ; Musiques contemporaines, perspectives analytiques, avec Pierre Michel (Minerve).

dimanche 24 octobre 2010

video: 4'33'' Portrait chinois. Hommage à John Cage


video: 4'33'' Portrait chinois Hommage à John Cage



Une programmation proposée par l'Ircam et le Département du développement culturel du Centre Pompidou.
Avec Bernard Blistène, historien de l'art, commissaire d'expositions ; Bastien Gallet, philosophe ; Carmen Pardo, musicologue ; Olivier Quintyn, poète et philosophe et Peter Szendy, philosophe.
Une rencontre conçue et animée par Elie During, philosophe.
Les extraits sonores ont été enlevés.

Enregistré le 25 mars 2010.
Quel héritage pour John Cage dans la création musicale d'aujourd'hui, dans le spectacle vivant, les arts plastiques et l'esthétique ? Une rencontre autour de l'œuvre emblématique de l'artiste américain : 4'33''.
Si les ramifications de l'art du compositeur John Cage apparaissent vivantes dans les domaines plastiques et poétiques, dans la performance et la danse, sa pensée reste très silencieuse pour les compositeurs d'aujourd'hui. Cette rencontre pose les questions de « l'Après-Cage » et de la démarche conceptuelle dans la musique contemporaine. Rassemblant artistes, compositeurs et critiques, cette rencontre tire, avec la contribution du philosophe Elie During, les fils des mutations possibles d'une pensée protéiforme : l'écoute et l'indétermination, l'œuvre-processus et les dispositifs situationnels, le prototype et l'art conceptuel, la perception et la politique du silence.