mardi 18 janvier 2011

écouter: Colloque : "Résistances et utopies sonores"

Colloque : "Résistances et utopies sonores"

. le mardi 13 janvier 2004 - Ecole Normale Supérieure (45 rue d'Ulm - Paris 5e)
sous la direction de Laurent Feneyrou
Si notre société n’a de cesse de diviser les langages esthétiques et politiques, l’art éclaire l’ensemble des rapports sociaux par un langage autre, une altérité qui est aussi garante de sa pertinence politique. Ou, comme l’écrivait Erwin Piscator : “L’effet de propagande politique est le plus convaincant là où la forme artistique atteint la perfection.” La musique y serait moins une critique sociale qu’une critique musicale du social, disant idéologiquement la banale traduction de l’une en l’autre. “ Non pas musique ou théâtre documentaire, poésie, enquête ; non pas enregistrement ou acquiescement technologique ; non pas reddition à la puissance ou à la routine des mass media, mais un journal-illumination. Aucune mimèsis, aucun reflet. Aucune arcadie industrielle. Aucun naturalisme populiste ou populaire. Seulement une idée-musique sémantiquement précise sur l’homme d’aujourd’hui dans le lieu de sa servitude-libération ; la négation de la négation fixée en une forme, dans l’engagement à dépasser toute partialité subjective ou objective, partialité aujourd’hui si dominante, et pas seulement dans la musique…”, écrivait Luigi Nono de sa Fabbrica illuminata. Alors la musique, mode possible de la pensée et du sujet politiques, signerait la fin de l’univocité du mode philosophique. Existe-t-il un lien entre art et ensemble des rapports de production ? Entre art et classe sociale ? Contenu révolutionnaire et qualité artistique coïncident-ils ? Face aux questionnements classiques de l’esthétique marxiste, surgit la nécessaire autonomie, nouvelle définition du politique, aux confins de son langage : dans quelle mesure l’œuvre est-elle être intrinsèquement politique ? Mais aussi dans quelle mesure le langage musical est-il distinct du politique ? Si celui-ci n’est pas intrinsèquement celui-là, celui-là n’est plus intrinsèquement homogène aux logiques du celui-ci. L’autonomie est simultanément l’acte fondateur et l’acte décisif de la multiplicité des langages en jeu. À l’heure où l’on va proclamant la fin des avant-gardes et de leurs idéaux de révolution permanente, sur le modèle du groupe en fusion, et où l’écoute régresse, sinon aliène volontiers, à l’heure où s’amoncellent les défiances à l’encontre du progrès historique, de la rationalité scientifique et de ses manifestations artistiques, sociales et politiques, où l’art se détourne de l’intellection et de la théorie à la faveur d’un spectacle pourtant refusé à nombre d’entre nous, et où la citation et la multiplicité des discours se font valeur suprême, affirmant les droits illusoirement subversifs d’une subjectivité murée dans son solipsisme, à l’heure enfin où sombrent les utopies et vacille l’universalisme, quel sens actif et réactif donner au lien musique / politique, à leur improbable synthèse, à leur indéfectible scission ? 
1/ - Introduction Marianne Lyon - 3'58 (1,86 Mo)
2/ - Gianfranco Vinay : Topie audio-visuelle et société du spectacle - 19'24 (9,09 Mo)
3/ - Questions/Réponses - 10'13 (4,8 Mo)
4/ - Peter Szendy : Da capo (révolution et répétition) - 32'26 (15,21 Mo)
5/ - Questions/Réponses - 14'43 (6,9 Mo)
6/ - Esteban Buch : Lectures politiques de la technique sérielle - 25'59 (12,18 Mo)
7/ - Questions/Réponses - 25'01 (11,73 Mo)
8/ - Laurent Feneyrou : Un cas de censure musicale : Johann Faustus - 40'13 (18,85 Mo)
9/ - Questions/Réponses - 2'17 (1,07 Mo)
10/ - Laurent Feneyrou : Intermède introductif - 21'08 (9,91 Mo)
11/ - Nicolas Donin : L’école polonaise des années soixante et sa réception française - 47'16 (22,16 Mo)
12/ - Questions/Réponses - 2'19 (1,08 Mo)
13/ - Pierre-Albert Castanet : Les affaires culturelles de la France en 1968 : la part de la musique - 40'13 (18,86 Mo)
14/ - Questions/Réponses - 5'17 (2,48 Mo)
15/ - Questions/Réponses - 5'02 (2,36 Mo)

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